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Celnat en Auvergne, une approche citoyenne

Issu d’une ignée de meuniers depuis 1834, Robert Celle commence sa carrière dans le moulin familial qui produit des farines et des aliments pour le bétail. II assiste alors à l’intensification des élevages et cherche, à partir de 1976, des orientations plus conformes à ses aspirations et à l’écologie. Attaché à son terroir (le Velay) il décide d’y implanter Celnat. A cette époque, il faut néanmoins constater qu’à part quelques exceptions, le développement de l’agriculture biologique au niveau local restait embryonnaire.
II fallut donc prendre son bâton de pèlerin et arpenter la France à la recherche des militants de la première heure qui, aujourd’hui encore, fournissent notre usine de Blavozy.

Soutenir la bio locale
Lorsque le développement de la bio devint significatif, il apparut alors souhaitable d’ancrer l’entreprise sur son territoire et de développer une approche citoyenne en direction de l’agriculture locale. Cette action devait également renforcer la traçabilité et les garanties que Celnat considère comme la base de sa mission de transformateur bio.
Pour y parvenir, et au détriment de la rationalisation de ses achats à court terme, l’entreprise mit en oeuvre une politique volontariste destinée à développer l’agriculture biologique locale :

- Mise en place d’un technicien spécialiste de l’agriculture biologique en zone de moyenne montagne.
- Investissement en matériel de collecte adapté aux conditions des exploitations agricoles (accès difficile, petits lots).
- Contractualisation minimum de trois ans avec en contrepartie un engagement de prix stables d’un niveau supérieur à celui du marché.
- Mise en oeuvre d’essais comparatifs de semences destinés à répertorier les variétés adaptées à notre terroir ainsi qu’au besoin de notre entreprise (notamment concernant la qualité boulangère). Relance progressive de la lentille verte du Puy dont la culture biologique avait été délaissée par les agriculteurs auxquels le label AOC apportait une rémunération déjà conséquente.

Un vrai partenariat
Les résultats de cette politique sont positifs puisque désormais, presque la moitié de la collecte de Celnat pour les principales céréales est d’origine auvergnate (à l’exception de l’avoine qui est inadaptée à notre région). De plus, cette collaboration a eu des prolongements que nous ne soupçonnions pas au départ comme par exemple :

- Création d’un projet « manger bio dans les cantines scolaires » avec les agriculteurs au sein de l’association Auvergne biologique, ces derniers allant dans les écoles afin d’y témoigner.
- Mise en place d’une foire annuelle des producteurs du département dont la première édition fut portée financièrement par Celnat.
- Visite des exploitations par nos clients dont l’impact est systématiquement positif. En définitive, aux antipodes du conventionnel qui relègue le plus souvent l’agriculteur au rôle de simple exécutant soumis aux lois du marché et ignorant du devenir de ses produits, l’agriculture biologique place l’homme au coeur de sa démarche et lui donne un sens. Pour notre entreprise, le fait de développer un partenariat étroit et équilibré avec nos agriculteurs est non seulement une satisfaction partagée mais constitue le prolongement logique des valeurs que nous voulons porter en tant qu’entreprise de ce secteur.

Luc Ronfard

(article paru dans BioContact de janvier 2004)