Love Money

  • L’expression « Love money », ne signifie pas « j’aime l’argent » mais son contraire :’« l’argent de ceux qui m’aiment bien ». Elle trouve son origine, il y 40 ans, au Québec cette expression désignait l’épargne de proximité affective : l’argent que la famille, les parents et les amis apportent à un proche qui « crée sa bote ». Dans certains pays africains, on l’appelle « la tontine ».

Recherche

Partant du principe que le chômage est la principale cause d’exclusion, cette association, ’plutôt que d’assister individuellement les personnes en situation précaire, veut les faire se regrouper et valoriser les compétences qu’elles détiennent pour créer des emplois.

Il existe, parmi les chômeurs et les personnes en situation précaire, énormément de compétences qui sont inutilisées du fait de leur isolement.
L’association Love money pour l’Emploi estime qu’en rassemblant ces compétences, ces expériences, ce savoir-faire et l’épargne locale vers un projet d’entreprise de l’un de ces exclus, ces derniers pourraient créer, entre eux, des emplois. Objectif : développer l’idée que la création d’emplois est l’affaire de tous. II faut savoir qu’un chômeur sur deux a en tête l’idée de créer son emploi en créant une entreprise. Ils ne pourront pourtant presque jamais le mettre en oeuvre, faute de moyens ! Ces moyens sont pourtant à la portée de tous si l’on veut être consensuel. En effet, cette démarche ne peut se réaliser qu’en intéressant financièrement les proches à des projets d’entreprises hardis et ambitieux qui dégageront des résultats bénéficiaires en générant des emplois mais également des profits pour ceux qui en seront les associés.

S’entraider les uns les autres
Aidons-nous donc, les uns les autres, ou à revenus personnes exclues modestes, mais aussi des personnes moins mal nanties. 75 % des adhérents à l’association Love money pour l’Emploi sont des chômeurs, des Rmistes ou des personnes de condition modeste, et 25 % sont des personnes en activité, à la retraite ou des jeunes, chacun apportant une aide bénévole. Chacun de nous peut donc apporter son aide à un projet de création, développement ou reprise d’entreprises et de création d’emplois.

1ER CAS : CREATION D’ENTREPRISE

Avec ou sans moyen financier, toute personne, même démunie, porteuse d’un projet sérieux à fort potentiel de création d’emplois et de richesses, devrait être à même, selon l’association, de mettre en oeuvre ce projet et bénéficier d’un accompagnement bénévole.
Le financement de ce projet, à condition qu’il offre de sérieuses chances de réussite, trouvera habituellement des personnes, en nombre suffisant (50 à 100 personnes). Ces dernières prendront alors la voie solidaire, celle du risque financier de s’y associer s’ils pensent que les chances sont raisonnables pour réussir une création de richesse, d’emplois et de plus-values.
Ce sont 50 000 à 300 000 euros, en capital, qui sont habituellement rassemblés dans ces conditions pour un seul projet. Ces capitaux sont apportés par des proches qui deviennent
associés à hauteur des sommes apportées. Jusqu’à 99 personnes peuvent être associées-solidaires au capital d’une entreprise parrainée par l’association. Ainsi, grâce à l’appui de Love money pour l’Emploi, le porteur de projet échappe à l’endettement personnel.

Pour valider et analyser les projets, l’association Love money pour l’Emploi possède les experts capables d’apprécier les projets. Ils ont également mis bénévolement en place se sont associées. une technique qui permet aux associés qui ont accepté d’investir dans un projet de récupérer, en cas de succès, leur souscription avec souvent des plus-values non négligeables. Ce qui compense, logiquement, les risques d’échecs.

Faire découvrir l’ambition aux créateurs d’entreprise démunis L’association encourage les très petits projets d’entreprise qui ont le potentiel de grandir et qui, par manque de moyens financiers ou de compétences, ne peuvent réaliser ce potentiel de croissance. Ainsi elle associe, le business, la solidarité et la convivialité pour donner la chance aux plus démunis de donner une autre dimension à certains micro-projets.
Quatre exemples de réalisations de créations d’entreprise par des chômeurs démunis : 36 emplois créés.
- L’entreprise Air Qualité SA (décontamination des micro-particules de poussière dans les gaines de climatisation) a été créée par un chômeur, 95 personnes qui se sont associées pour constituer le capital. Aujourd’hui, il y a 20 emplois salariés.
- L’entreprise Croque la Vie SA (restauration rapide bio) a été créée avec 70 personnes qui se sont associées. Aujourd’hui, la société compte 8 emplois salariés.
- L’entreprise Dolopale SA (dépollution et réhabilitation par un procédé écologique des sites et des sols contaminés par les activités industrielles et agricoles), a été créée récemment par un chômeur avec 40 personnes, pour 4 emplois au démarrage.
- L’entreprise Les mains dans la farine SA (conception de kit de pâtisserie à réaliser soi-même) a été créée avec 45 personnes associées. 6 emplois avaient été créés. Mais l’entreprise a été mise en liquidation en 2001, suite à la sortie volontaire du porteur de projet de l’accompagnement proposé par l’association. Cela nous a permis de rendre plus strict l’accompagnement des porteurs de projets.

2e CAS : AIDE AU DEVELOPPEMENT OU A LA REPRISE D’ENTREPRISE

Exemples de sauvetage de trois entreprises en difficulté : maintien de 30 emplois.
- L’entreprise Andines SA (commerce équitable), 100 personnes ont souscrit au capital, pour sauver l’entreprise en quasi-dépôt de bilan. Ce qui a permis le maintien et la création de 7 emplois en France et de nombreux emplois d’artisans à travers le monde.
- L’entreprise Hortus Technologies SA (badges contrôles d’accès), entreprise en dépôt de bilan sauvée in extremis de liquidation par l’association. 70 personnes ont souscrit pour sauver 20 emplois.
- L’entreprise Loorica SA (création de sacs à main pour dames - mode, bagagerie légère). 56 personnes ont souscrit pour le maintien de 3 emplois.
- Aide à deux PME en manque grave de trésorerie : 27 emplois concernés : Pinabel Bio (traiteur bio), 40 personnes ont souscrit, Cellande (hygiène des mains), 60 personnes ont souscrit.

3e CAS : REPRISE DE L’ENTREPRISE PAR LES SALARIES

Accompagnement des salariés pour reprendre leur entreprise (RES) lorsqu’une liquidation judiciaire se précise entraînant des licenciements collectifs. Une opération en cours :
L’entreprise Cristal de Bretagne. En juin 2002, cette entreprise, basée à Fougères, mise en liquidation judiciaire, a été reprise par ses 37 sala riés qui ont versé 1 500 euros chacun. Ce montant étant notoirement insuffisant, ils ont quand même osé reprendre l’entreprise, ce que beaucoup d’autres n’auraient même jamais tenté ni imaginé. L’association est en train de monter une opération de recherche d’actionnaires de proximité, 200 000 euros devraient être rapidement trouvés auprès de 80 à 90 personnes.

POUR PASSER A L’ACTE Une fois par mois, chaque association locale organise une réunion au cours de laquelle est expliqué le fonctionnement du concept Love money pour l’Emploi. Ces réunions s’adressent :
- aux porteurs de projet ayant un projet ambitieux et ne disposant pas des moyens pour le réaliser,
- aux personnes désirant s’impliquer localement, de façon solidaire, pour aider bénévolement une création d’entreprise et d’emplois,
- aux personnes acceptant le risque d’investir de l’argent, directement, dans des entreprises à taille humaine et ayant une éthique respectueuse de la place de l’homme dans son environnement,
- à tous ceux qui souhaitent acquérir une formation continue dans les domaines de la création, du développement, de la reprise, de la transmission ou du sauvetage d’entreprises,
- aux demandeurs d’emploi qui, en s’impliquant dans le projet d’entreprise d’un autre demandeur d’emploi, peuvent les conduire à trouver un emploi. Sélection des projets
- Le porteur de projet doit être motivé par une ouverture aux investisseurs individuels de proximité.
- Le projet doit porter sur une entreprise à potentiel de création d’emplois (4 à 5 au démarrage, et plus tard 10 à 20 et plus) et avoir une perspective, à long terme, de croissance durable et de création d’emplois.
- Le montage de l’entreprise ne doit pas démarrer avec le seul initiateur du projet, l’entreprise devra s’organiser à avoir comme premiers salariés : le porteur de projet, un responsable commercial et un responsable financier et administratif. Ceux-ci devront signer un pacte de bonne conduite et accepter une formation économique et financière permanente pendant les quatre premières années qui suivront l’intervention de l’association. Ils devront s’engager à accepter de voir leur travail visé par des adhérents bénévoles de l’association.
- La structure juridique doit avoir la forme de société par actions (SA, capital minimum de 37 500 euros).
- Les trois dirigeants doivent respecter l’esprit et les règles de la COB (Commission des opérations de bourse).

Jean Salwa (article paru dans BioContact de Janvier 2004)

CONTACT Fédération des Associations Love Money pour l’Emploi 10, rue Montyon, 75009 Paris,

sites : www.love-money.org, et www.sosdepotdebilan.com
Il existe des associations Love money pour l’Emploi en Bourgogne, en Bretagne et en région parisienne.

Voir en ligne Site de Love Money