Rubrique Economie Verte
Les pays du Nord surexploitent les ressources naturelles
Rubrique Consommateurs Responsables
Le vrai pouvoir d’achat du consommateur Dans notre système économique actuel qu’est l’économie de marché, les prix sont définis en fonction de l’offre de la demande. La demande dépend entre autres, de l’argent dont nous (...)
Rubrique Les banques
Besoin d’argent pour créer ou développer votre entreprise ? Pensez au microcrédit ! Grâce à un réseau d’antennes développé sur tout le territoire, l’Adie finance et accompagne les créateurs d’entreprise qui n’ont pas accès au (...)
Rubrique Les banques
Depuis près de 20 ans, la Société financière de la Nef est le seul établissement financier engagé dans la gestion responsable et transparente de l’épargne citoyenne en France. Un organisme alternatif au cœur des (...)
Rubrique Entreprises Alternatives
Depuis 30 ans, Artisans du Monde construit avec ses partenaires du Sud une économie solidaire au service du développement durable. Le développement est ici entendu comme la maîtrise par les peuples et les sociétés de (...)
Rubrique Entreprises Alternatives
Premier réseau de magasins bio en France, Biocoop rassemble plus de 300 magasins bio autour d’un objectif commun : le développement de l’agriculture biologique dans un esprit d’équité et de coopération. Leader de la (...)
Rubrique Actionnaires Solidaires
Le but d’I.E.S. est de favoriser l’insertion par l’économique en soutenant des sociétés qui privilégieront l’embauche de personnes en situation difficile au regard de l’emploi. Initiatives pour une économie solidaire (iés) (...)
Rubrique Economie alternative
« L’économie distributive, c’est d’abord la reconnaissance que chacun d’entre nous est co-héritier des fruits du travail des générations qui nous ont précédées. C’est l’économie de l’abondance, par opposition à l’économie (...)
Rubrique Economie alternative
Le sociétalisme expose un projet démocratique réalisable et envisage les modalités de son avènement. Il implique une organisation sociale post-capitaliste et son institutionnalisation par voie démocratique. L’ (...)
Rubrique ONG
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Mensuel de réflexion socio-économique vers l’Économie Distributive
Pour vivre sur terre, nous utilisons les ressources de la nature, que nous transformons si nécessaire. Et la nature, dans sa grande bonté, se donne et ne se fait pas payer. Pourtant, nous l’avons exploitée à outrance, et nous nous sommes appropriés la terre et ses ressources naturelles au moyen de l’industrialisation, dans des buts de surconsommation ou d’accumulation mercantile au point qu’elle est devenue exsangue. Nous détruisons plus vite que la terre ne peut produire.
Pourtant, l’industrialisation, avec l’utilisation des machines à la place du travail humain, devrait justement nous permettre de mieux répartir les richesses naturelles au lieu de n’enrichir que quelques uns pendant que d’autres meurent de faim. Car avec une consommation raisonnable et responsable, il devrait être possible de nourrir tout un chacun sur la planète.
De la pénurie à l’abondance
La croyance en la pénurie nous amène à vouloir accumuler, spéculer, ce qui a induit le mécanisme de l’offre et de la demande, et amené à faire de la nature, du travail et de l’argent de la marchandise qui se vend au plus offrant, sans oublier que cela offre un trône aux dominants pour contrôler les autres. Pourtant, dans nos sociétés occidentales actuelles, nous voyons bien que ce ne sont pas les marchandises qui manquent, mais l’argent pour les acheter. En fait, depuis l’industrialisation, nous ne sommes plus dans la pénurie mais dans l’abondance. Or le système est resté le même, et il est ainsi fait que l’argent est accessible pour certains et pas pour d’autres.
Pourquoi ? parce que nous nous laissons diriger dans ce sens. Nous nous sommes laissés asservir par un système qui fonctionne encore sur la croyance en la pénurie. Ce qui donne comme croyance « Je dois travailler pour gagner ma vie ». C’est un non sens puisque la vie nous est donnée et que la nature peut pourvoir à tous nos besoins ! La situation que nous vivons n’est en rien normale. Notre système économique actuel, le capitalisme, est resté sur le mode de la sélection naturelle fonctionnant dans un contexte de pénurie. Ce système perdure parce que nous n’avons pas vu l’évolution se faire, donc nous avons laissé faire, et nous pensons encore devoir continuer à subir ce sort.
L’économie est l’affaire de chacun
L’une des théories du capitalisme est d’affirmer que l’intérêt personnel, ou individualisme profite nécessairement à l’intérêt collectif. Comment cela peut-il être possible ? Nous avons perdu le bon sens d’antan. De même que le communisme, en ne visant que l’intérêt collectif est destructeur, car il aliène les individualités. La solution au centre est de trouver un équilibre entre la satisfaction de l’individualité tout en ayant le souci du collectif : ce qui amène au partage fraternel. C’est d’ailleurs ce que propose le mouvement sociétaliste.
On dit parfois que la plus grosse ruse du diable est d’arriver à faire croire qu’il n’existe pas. De même que l’énorme ruse dans l’économie est de faire croire que l’individu de la société civile n’est pas concerné par l’économie, que c’est l’affaire des financiers et de l’Etat. Pourtant, chacun d’entre nous est acteur de l’économie à chaque fois qu’il paye quelque chose ou quand il travaille. Maintenir cette ignorance est l’un des « meilleurs » moyen de rester asservis en nous maintenant dans l’inconscience collective.
D’où vient l’argent ?
Pourtant, chacun peut savoir que l’argent n’est pratiquement plus créé par les pièces et les billets mais par les crédits, qui font les dépôts. Le crédit est exponentiel, puisqu’une banque peut créer en monnaie, par le crédit, 90 fois plus que le montant de ses dépôts.
Ce qui est le plus gênant, ce n’est pas tant le crédit, car l’argent créé disparaît quand il est remboursé, mais les intérêts. Car il faut toujours créer de nouveaux crédits pour les payer (système du crédit revolving).
Ce principe est valable également pour l’Etat avec la dette publique. Là encore, ce qui est gênant, ce n’est pas la dette publique, qui finalement est minime par rapport au patrimoine total commun, mais les emprunts nouveaux qu’il faut faire pour payer les intérêts. L’essentiel de nos impôts sert à payer uniquement les intérêts de la dette.
Pendant des millénaires, la perception d’intérêts (que l’on soit épargnant ou banquier-prêteur), nommée « usure » fut interdite parce que c’est tout simplement contraire à la sagesse, au bon sens, à l’intérêt commun. C’était même considéré comme du vol. L’argent ne peut pas et ne doit pas être considéré comme une marchandise, car de n’est qu’un outil d’échange. Le banquier, dans son rôle d’intermédiaire, devrait percevoir des honoraires pour son travail d’intermédiaire, et non des intérêts proportionnels à la dette qui s’amplifie de jour en jour.
Qui a le pouvoir ?
Finalement, dans l’histoire les grands gagnants sont les grands acteurs des marchés financiers : les banques et aussi les multinationales. Les banquiers, par le pouvoir qui leur est donné de créer la monnaie et de percevoir des intérêts, détiennent une puissance financière au point d’avoir pu influencer la politique des rois et celle des Etats.
A cela s’est ajouté la déréglementation de l’économie de marché, à l’époque de Reagan et de Thatcher au nom du libéralisme économique dont la « main invisible » devait réguler l’économie via les marchés financiers. Cela a occasionné de nombreuses fusions-absorption de sociétés, et l’invention de produits hyper spéculatifs complètement déconnectés de l’économie réelle.
Le summum a été atteint en Europe quand la création monétaire réservée essentiellement aux banques privées a été entérinée dans le traité de Maastricht puis plus récemment dans le Traité de Lisbonne.
En parallèle, l’accès à la Bourse et à la spéculation s’est démocratisé : tout un chacun a son compte-titre avec ses actions, et peut s’amuser sur Internet comme au casino, en oubliant que derrière, il y a des entreprises et des emplois. Les patrons vont même jusqu’à « récompenser » les salariés en les payant en actions de l’entreprise pour laquelle ils travaillent !
Les Etats ont fermé les yeux sur les pratiques financières douteuses exercées sur les marchés boursiers, celles qui échappent à l’économie réelle. Et maintenant, en situation de crise, laquelle avait été pourtant annoncée depuis un moment, ce sont les Etats qui doivent repêcher le système afin qu’il n’entraîne pas l’économie réelle dans sa chute. Les Etat veulent redéfinir les règles du capitalisme, moraliser les marchés financiers : c’est peine perdue car ce système était adapté à une économie de pénurie, pas à une économie d’abondance. Il ne sera jamais possible de retrouver la croissance en restant dans une économie basée sur l’accumulation comme solution à une situation de pénurie qui n’existe plus.
La crise financière indique que le système économique actuel a atteint ses limites
Au plan économique, pour qu’il n’y ait pas inflation ni déflation, il faut qu’il y ait autant d’argent en circulation que de marchandises. Plus il y a d’argent créé par le crédit, plus il faut produire et donc consommer afin que le système ne s’écroule : d’où la publicité et le marketing pour nous conditionner et créer nos besoins afin que nous achetions pour écouler la production. Quand on connaît que le montant des budgets consacrés à la publicité règlerait le problème de la faim dans le monde… cela laisse rêveur.
L’être humain en est réduit à produire et à consommer pour que le système puisse se maintenir. « Travailler plus pour gagner plus ». Cela n’augmente pourtant pas la croissance, ni ne diminue le chômage. Parce que nous sommes dans une spirale infernale : vu la proportion croissante et exponentielle que prend la dette globale dans l’économie, le système ne peut que s’écrouler.
A l’inverse, en situation de crise, quand l’argent de raréfie et devient inférieur à la masse de marchandises produites, il y a déflation.
Quand cela arrive, les monnaies alternatives, hors circuit officiel, de type bon d’achat ou bon d’échange, sont utilisées pour pouvoir continuer à se procurer des biens et services. Pourquoi ne s’en servir qu’en période de crise, alors que les expériences montrent qu’elles fonctionnent beaucoup mieux quand les individus en font le choix par préoccupation éthique ? Les systèmes qui existent actuellement sont les Systèmes d’Echanges Locaux et la monnaie SOL. Dans la monnaie SOL, s’ajoute un facteur d’implication citoyenne et une éthique.
Que peut-on faire individuellement ?
Premièrement, changer d’état d’esprit concernant la pénurie en commençant à penser à l’endroit, en se déconditionnant de la conscience collective, malgré tout ce qui nous a été inculqué depuis des siècles, c’est à dire :
penser que l’humanité est capable de produire suffisamment à partir des ressources naturelles pour que chaque être humain puisse vivre décemment sur terre.
respecter la nature afin qu’elle puisse répondre durablement à nos besoins
chercher à se révéler à travers nos activités. Et pour aller plus loin, si nous avons un projet qui nous tient à cœur, qui est notre but de vie : penser à l’endroit, c’est aussi se dire que ce projet est réalisable et que les moyens financiers suivront forcément, d’une manière ou d’une autre.
Deuxièmement, changer ses comportements au quotidien en pensant à l’intérêt collectif : restreindre sa consommation, acheter ce qui est nécessaire, éviter le superflu, car tout ce qui est consommé devient déchet à recycler. L’idéal est de recycler au maximum. Les pays industrialisés consomment 4 fois plus de ressources que ce que la terre peut leur donner (cf. l’empreinte écologique). C’est aussi renoncer peu à peu au désir de posséder pour se sécuriser, puisqu’il n’y a plus lieu d’avoir peur de manquer !
Plus nous ferons des choix conscients lors de nos achats, plus les entreprises devront revoir les produits qu’ils proposent. La preuve en est avec la mode de l’écologie et du développement dit « durable » que les industriels ont pris en compte. Revenir à une consommation saine pour une vie plus saine, en estimant avec confiance que les biens existent en abondance et qu’il n’est plus nécessaire d’accumuler, de stocker et de posséder, cela devient vital pour l’humanité et pour la planète.
Troisièmement, s’intéresser à ce qui se passe dans l’économie, s’éduquer, se renseigner, pour se forger son propre avis sur les différentes questions. L’idéal est devenir acteur dans la société civile afin d’influencer les choix des instances politiques, de sorte que la démocratie soit participative et non réduite à un bulletin de vote glissé dans l’urne électorale. Les exemples d’actions de la société civile, inspirés de la tripartition sociale, ne manquent pas dans certaines communes de France, aux Philippines ou encore en Amérique Latine.
C’est seulement à ce « prix » que nous pourrons préparer et semer la société de demain, pour les générations futures. Là est la véritable valeur…
econova.org (28 octobre 2008)